30 juin 2008

J'ai le bourdon

Ce matin, je ne voulais pas travailler, moins par fainéantise que parce que je voulais passer toute la journée avec Thomas au cas où ce serait la dernière.
Mais ce matin Thomas a dit non.

Ce matin, j'ai pris la voiture pour emmener Clara à la crèche, l'autoradio était programmé sur Nostalgie et Gilbert Bécaud criait que la solitude n'existe pas et qu'il pouvait rejoindre quand il voulait des milliers de gens à Woodstock qui sont ensemble pour oublier qu'ils sont tous seuls. Ensuite, le programmateur musical a enchaîné sans transistion sur Hotel California qui m'a rappelé que mes parents s'aimaient (?) depuis 31 ans. Je me suis demandé si eux aussi avaient eu des passages difficiles ou pas. Est-ce que tout le monde a parfois l'impression d'être vide et d'être seul ? Ou de ne pas être à la bonne place, au bon endroit, au bon moment. Ou est-ce que c'est moi ? Seulement moi...

J'ai déposé Clara à la crèche le coeur lourd et quand j'ai rallumé le moteur, France Gall a entonné :

"Si on t'organise une vie bien dirigée
Où tu t'oublieras vite
Si on te fait danser sur une musique sans âme
Comme un amour qu'on quitte
Si tu réalises que la vie n'est pas là
Que le matin tu te lèves
Sans savoir où tu vas

Résiste
Prouve que tu existes
Cherche ton bonheur partout, vas,
Refuse ce monde égoïste
Résiste
Suis ton cœur qui insiste
Ce monde n'est pas le tien, viens,
Bats-toi, signe et persiste
Résiste..."

Ne souriez pas, j'adorais cette chanson quand j'avais une quinzaine d'années. Je me rends compte qu'à force de l'écouter, le message est bien passé. A présent, je résiste tellement que je ne suis jamais heureuse.
Je suis un peu cynique surtout qu'en général, comme ce matin, quand j'entends cette chanson, je le prends au 1er degré et ça me fiche le bourdon.
Parce que j'ai bien l'impression que le matin je me lève sans savoir où je vais, et je réalise que la vie n'est pas là.

Je vais aller me laver les cheveux, ça me fait toujours du bien en cas de crise.
Avec un peu de chance, je vais réussir à pleurer et ça ira mieux après.
Je déteste quand tout est bloqué. Mes larmes et mon avenir.

2 Comments:

Anonymous Gaor said...

C'est la (fameuse) crise des 27 ans ! Allons, il n'y a guère que ta portière de voiture qui puisse être bloquée. Ton avenir est une jeune pousse susceptible de partir dans toutes les directions. Les murs, les rails, on les érige en grande partie dans sa tête.

La vie, c'est aussi des creux. Sans quoi les sommets n'auraient aucune saveur.

Et puis écouter Nostalgie... franchement !

1/7/08 00:37  
Blogger Ptit bout said...

Je suis tout à fait d'accord moi ! Je ne veux pas me retrouver en procès mais bon, Nostalgie ...

2/7/08 12:44  

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